Raoul Dufy

Raoul Dufy

Raoul Dufy
Le Port des Martigues, 1903
Huile sur toile
28 x 34 cm
Signé

biographie :

Raoul Dufy

1877
3 juin naissance de Raoul Dufy au Havre.
Ses parents sont d'une situation modeste. Son père Léon Marius Dufy était comptable dans une petite entreprise de métaux. Sa mère Marie-Eugénie Ida, née Lemonnier s'occupera des neuf enfants nés de leur union. C'était avant tout une famille de musiciens, son père était organiste et chef de chœur à l'église, un des frères fut professeur de piano, et Gaston fut un excellent flûtiste. Raoul lui-même apprit le piano et l'orgue.

1891
Dufy fait de solides études classiques, mais il doit les interrompre prématurément pour aider ses parents en proie à de grandes difficultés financières. Il doit gagner sa vie et entre comme préposé au contrôle des denrées des paquebots étrangers dans la maison d'importation de cafés Luthy & Hauser. Il y restera pendant 5 ans.

1893
Raoul Dufy, son travail achevé, va suivre le soir des cours de l'École municipale des beaux-arts que professe le peintre Charles Lhuillier. Il y rencontre Othon Friesz, élève du Lycée, avec lequel il devient ami.

1895-1899
Il exécute des aquarelles académiques d'après des paysages du Havre, d?Honfleur et de Falaise dont certaines sont conservées au musée du Havre, et il peint de petits portraits d'après lui-même et les membres de sa famille.

1898-1899
Il fait une année de service militaire, rapidement libéré de ses obligations par l?engagement de son frère Gaston comme flûtiste au 119° régiment d'infanterie.

1900
Raoul Dufy reçoit une bourse de la ville du Havre et part pour Paris où il retrouve Friesz, bénéficiaire de la même faveur depuis 1897. Il s'inscrit à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts dans l'atelier de Léon Bonnat où Friesz travaille depuis trois ans. Les deux amis vivent ensemble à Montmartre au n° 12 de la rue Cortot.

1901-1904
Raoul Dufy complète l'enseignement de Bonnat par l?étude des peintres impressionnistes et postimpressionnistes. Il dessine beaucoup, surtout des scènes de moeurs inspirées de Toulouse-Lautrec, et peint des paysages parisiens à l'instar des impressionnistes, en particulier Pissarro, ainsi que des plages normandes qui se souviennent de Monet mais aussi de Manet et de Boudin. Il évite ainsi la désagrégation de la forme toujours précise chez lui, ainsi que l'inconsistance du tableau auquel il aime donner une charpente solide. L'estacade de la plage de Sainte-Adresse, un de ses motifs préférés alors, lui en fournit aisément le moyen. Le public apprécie ses ouvrages où rien ne heurte ses goûts qui viennent de s'habituer à l'Impressionnisme.

1901
Mai, il expose pour la première fois au Salon des Artistes français une «Fin de journée au Havre», n° 706 du catalogue.

1902
Il vend un pastel « La rue de Norvins » à Berthe Weill qui l'accueille dans sa « boutique », rue Victor Massé à Montmartre et où il exposera en 1903 et 1904 dans des manifestations collectives.

1903
Raoul Dufy expose pour la première fois au Salon des Indépendants, n° 776 à 783, où Maurice Denis achètera une toile de lui.
Il habite 15, rue Victor Massé, avec sa compagne « Claudine », dont le musée de l'Annonciade possède un très beau nu de dos de 1906.
Premier séjour dans le sud de la France à Martigues.

1904
Salon des Indépendants, n° 815 à 820.
Il loge 31, quai de Bourbon.
Voyage à Fécamp avec Marquet.

1905
L'évolution naturelle de sa peinture de plus en plus colorée, son goût pour les formes écrites, et l?influence du tableau de Matisse: «Luxe, calme et volupté», admiré au Salon des Indépendants, n° 1343 à 1350, conduisent Dufy au fauvisme.

1905-1907
Époque fauve pendant laquelle Raoul Dufy peint des toiles hautes en couleur, d'une écriture décidée et où les formes simplifiées sont d'une grande vigueur. Ses thèmes préférés sont alors les rues pavoisées de drapeaux, les fêtes campagnardes et nautiques, les plages animées d'estivants vêtus de couleurs claires. Le public ne le suit pas dans ses recherches nouvelles. Son marchand Blot l'abandonne. Sa situation matérielle devient difficile.

1906
Il travaille avec Marquet à Trouville et avec Friesz à Falaise où il habite au lieu-dit «Sous les Rochers».
Salon des Indépendants, n° 1570 à 1577.
Il expose pour la première fois au Salon d?Automne, n° 509 à 515, ses premières rues pavoisées. Raoul Dufy séjourne chez le peintre Axilette à Durtal.
Première exposition particulière chez Berthe Weill au mois d'octobre.
Il emménage 15, quai de Conti.

1907
Salon des Indépendants, n° 1625 à 1630.
Salon d'Automne, n° 517 à 519.
Grave les bois pour les vignettes de l?ouvrage de Fernand Fleuret « Friperies », qui ne seront publiées qu'en 1923.

1908
Participe à plusieurs expositions collectives, Salon des Indépendants, n° 6477 et 6478, Berthe Weill, Galerie Notre-Dame des Champs, chez Wilhem Uhde et une exposition personnelle à Toulouse dans les locaux du Télégramme.

1908-1912
Raoul Dufy se détache du Fauvisme qu'abandonnent à la même époque la plupart de ses camarades fauves. En compagnie de Braque, Dufy effectue en 1908 un voyage à 1?Estaque où les deux amis peignent côte à côte des paysages très semblables. Il subit l'influence des recherches de Cézanne à qui le Salon d'Automne a consacré une rétrospective en 1907. Il en vient donc à étudier la structure des arbres (série du Bois de Boulogne), des animaux (les chevaux), des objets (natures mortes), ainsi que celle surtout de l'être humain (les modèles dans l'atelier). Son trait se fait plus lourd et parfois cassé, sa palette plus contenue et plus sourde, sa forme plus puissante.

1909
Expositions de groupe chez Berthe Weill et Salon des Indépendants, n° 531, 532.
Raoul Dufy fait avec Friesz un voyage à Munich où il peut voir les formules décoratives préconisées par les Allemands, contre lesquelles s'inscrira en faux toute sa production décorative.
Il trouve un atelier, rue Séguier où il s'installe avec Eugénie Brisson.
Fait la connaissance de Paul Poiret.

1909-1910
Il séjourne à Orgeville (Eure) dans la «Villa Médicis Libre» fondée par Bonjean qui y entretient de jeunes peintres, libres de tout souci matériel. L'interdiction faite par le mécène d'aller à Paris lui permet de développer sa personnalité. Le spectacle des vitraux de la cathédrale d'Evreux oriente sa palette vers plus de profondeur. La fréquentation d'André Lhote et de Jean Marchand, ses co-pensionnaires, renforce ses recherches constructives.

1910
Abandonné par ses anciens clients, incompris, en proie à de sérieuses difficultés matérielles, il se tourne vers la gravure pour pouvoir subsister. Très lié avec les poètes Fernand Fleuret, Vincent Muselli et Guillaume Apollinaire, il illustre le «Bestiaire» de ce dernier de trente gravures sur bois chez Deplanche éditeur, tiré à 120 exemplaires, ouvrage qui fera date dans l'histoire de cet art. Il les expose au Salon d'Automne de 1910, n° 556 à 560, et à celui des Indépendants, n° 1993 à 1998.
Il emménage 27, rue Linné.

1911
9 février il épouse une  niçoise Eugénie Émilienne Brisson, et loue un atelier à Montmartre, 5, impasse de Guelma, qu'il conservera jusqu'à sa mort.
Publication du « Bestiaire » d'Apollinaire.
Salon des Indépendants, n° 1984 à 1999 («Le Bestiaire », 3 lithographies et 1 peinture)



1911-1922
Dufy exécute un grand nombre de bois influencés par l'art populaire parmi lesquels on peut citer les illustrations des «Poèmes légendaires de France et de Brabant» de Verhaeren (1916), de «l'Almanach des Lettres et des Arts» (1917), de M. Croquant de Rémy de Gourmont (1918), et des «Almanachs de Cocagne» (1920-21-22).

1911-1914
Dufy monte avec Paul Poiret une petite entreprise de décoration de tissus « La Petite Usine » au 141, boulevard de Clichy. Habitué à la gravure par ses travaux d'illustration, c'est là qu'il imprime ses quatre premières tentures (Chasseur, Marine, Automne, Nature morte) et les étoffes qui attirent l?attention du public sur Poiret. Il travaille au carton d'invitation de la fête « La Mille et deuxième nuit » organisée Par Paul Poiret, au 107, faubourg Saint-Honoré.

1912-1914
Il est employé comme dessinateur aux appointements fixes par la Maison Bianchini-Férier pour qui il avait déjà donné antérieurement des modèles de tissus (le premier en 1910). Il signe un premier contrat de 3 ans avec la maison Atuyer-Bianchini-Férier, à qui il donne l'exclusivité de ses projets textiles. Interrompue par la guerre, cette collaboration reprendra après la démobilisation de Dufy qui réserve à Bianchini tous ses dessins pour tissu jusqu'en 1928.

1913
Séjour à Hyères. Sous l?influence de l?art décoratif, il évolue vers une peinture moins sévère, quoique toujours influencée par Cézanne, et construite avec vigueur. Son dessin devient plus souple, sa palette plus claire, sa facture plus légère. Salon des Indépendants, n° 927 à 929
Participe au mois de décembre  à l?exposition de la Sécession berlinoise avec des tableaux peints en 1909 à Munich.

1915
Fonde au Havre l?entreprise ?Imagerie Raoul Dufy?, pour diffuser des gravures destinées à la propagande politique : publication de la pochette ?Les Alliés? et gravure pour la revue « Le Mot ».
Engagement volontaire au service automobile de Vincennes et de Charenton-le-Pont.

1917-1918
Camille Bloch, bibliothécaire du Musée de la Guerre, le fait nommer « attaché à cette institution », au traitement de 1200 francs par mois, puis conservateur de la Bibliothèque-Musée de la Guerre.
Il démissionnera en 1919. Le critique René-Jean lui succède.

1919
Deuxième contrat avec Bianchini-Férier.
Séjour de Dufy à Vence. (Il y retournera en 1920 et 1921). Ce premier contact prolongé avec la nature méditerranéenne ? il n?avait fait jusqu?alors que des séjours assez courts aux Martigues en 1904. à l?Estaque en 1908, à Antibes en 1910, à Hyères en 1913 ? le fait évoluer vers un chromatisme plus éclatant que celui de son époque cézannienne que l?on peut considérer comme définitivement terminée à partir de ce moment. Parallèlement son dessin devient plus agile, se détend de sa rigueur, et se complait à des courbes, des boucles, des frisures, qui rappellent l?art baroque et le gothique flamboyant. La même évolution vers un art plus souple s?accuse dans la gravure où, fait caractéristique, il abandonne le bois pour la lithographie («Madrigaux» de Mallarmé, 1920; «Le Poète assassiné» d?Apollinaire, 1926).

1920
Il exécute avec Fauconnet les décors et les costumes du «Boeuf sur le toit» de Cocteau, à la Comédie des Champs-Élysées, musique de Darius Milhaud. Encore avec Fauconnet, en 1922, il fera pour l?Opéra les décors de «Frivolant»; et en 1924 il exécutera un projet de décors pour «Roméo et Juliette».
Premier contrat d?un an avec la galerie Bernheim-Jeune et Vildrac.
Salon des Indépendants, n° 1422.

1921
Séjour à Vence.
Raoul Dufy expose pour la première fois au Salon des Artistes Décorateurs (sous le numéro 86, 7 tissus). Il y exposera également en 1922, n0 4621 ; 1923. n0 241 ; 1939 et 1947, illustrations.
Il fait sa première exposition particulière à la Galerie Bernheim-Jeune où il exposera également en 1922,1924,1926, 1927, 1929. 1932.
Salon d?Automne, n° 705 à 710

1922
Raoul Dufy fait la connaissance du Dr Roudinesco qui sera désormais son principal amateur. Cette même année, Bianchini le conduit aux courses pour voir l?effet des tissus exécutés d?après ses modèles sur le dos des élégantes. Mais Dufy s?intéresse surtout au spectacle de la foule bigarrée et des chevaux en course. Ainsi se réveille son goût du mouvement, assoupi depuis 1908 par ses recherches constructives et qui déjà avait fait une réapparition dans la série des «Canotiers sur la Marne» (depuis 1919). Cette évolution vers un art dynamique va de pair avec une écriture de plus en plus déliée, une couleur plus hardie et une facture plus libre. Elle est favorisée par la pratique des arts décoratifs et celle, de plus en plus fréquente, de l?aquarelle, qui, relativement rare chez Dufy avant cette date, deviendra désormais un de ses moyens d?expression les plus indispensables et les plus personnels.
Salon d?Automne, n° 729 et 729 bis.

1922-1923
Il fait un voyage en Italie, Florence, Rome, Naples et en Sicile, Catane, Caltagirone, Taormina et Syracuse. Il rencontre Pierre Courthion, écrivain et critique d?art avec qui il restera lié toute sa vie et qui écrira plusieurs ouvrages et articles sur Dufy.

1923
Il s?intéresse à la céramique en collaboration avec le catalan Artigas.
Fait une exposition à la Galerie du Centaure à Bruxelles. Le succès de cette manifestation, l?action du critique André de Ridder attirent sur lui la faveur d?un grand nombre d?amateurs belges auprès de qui il trouvera longtemps plus d?audience qu?auprès des collectionneurs français.
Salon des Indépendants, n° 1489.
Il reçoit la commande d?un mobilier « Paris » pour la manufacture de tapisserie de Beauvais.

1925
Exposition Internationale des Arts décoratifs où il présente une fontaine en céramique, faite en collaboration Artigas.
Il exécute quatorze tentures sur tissu en «couleurs rongeantes»par la manufacture Bianchini-Férier à Tournon, pour Poiret qui en décore une de ses péniches Orgues à l?Exposition Internationale des Arts Décoratifs : «Paris», «Les Régates à Sainte-Adresse», «Les Mannequins de Poiret aux courses», «Le Cirque», «Réception mondaine » ?
Il illustre «La Terre frottée d?ail» de Gustave Coquiot..
Roger Allard publie un numéro de «l?Art d?aujourd?hui» consacré à Raoul Dufy. Il rencontre Marcelle Berr de Turique qui l?exposera plusieurs fois dans sa galerie « Le Portique » et publiera en 1930 un des plus importants ouvrages consacrés à l?artiste.

1925-1926
Poiret l?emmène avec lui au Maroc. Il y exécute une série exceptionnelle d?aquarelles, Fès, Marrakech, Demnat?Retour par l?Espagne et Madrid, où il admire les Titien du Prado.

1925-1939
Sa résidence ordinaire est à Paris l?Impasse de Guelma dont il fait peindre les murs d?une couleur bleue toute particulière que l?on retrouve dans beaucoup de ses tableaux. Il fait de fréquents séjours à Cannes en1926, Nice en1927, Deauville et Trouville en1929, Langres, ainsi que quelques voyages à l?étranger: Belgique en 1928, Angleterre (Cowes) en 1934, Londres en 1936, Venise en 1938.

1926
Il fait une exposition à la Galerie Pierre et à la Galerie Chéreau. Il donne les décors du ballet «Palm Beach» pour les Ballets de Paris du Comte de Beaumont, au Théâtre du Châtelet.
Deux expositions chez Bernheim-Jeune « Un voyage au Maroc. 40 aquarelles » et « Les nouvelles céramiques de Raoul Dufy ».
Participation à l?exposition rétrospective du Salon des Indépendants.
Envoi à Anvers à l?Exposition d?Art Contemporain.

L?observation sur le quai de Honfleur d?une fillette courant lui apprend que l?oeil perçoit plus vite le ton d?un objet que son contour et en garde plus longtemps la sensation; que couleur et forme sont par conséquent indépendantes, et que le peintre n?a donc pas à enfermer l?une dans les limites de l?autre. Il renonce ainsi désormais à les faire coïncider, refus qui s?autorise en outre des exemples de l?imagerie populaire, de la céramique primitive, de la tapisserie médiévale, et d?une façon générale de l?autorité de tous les arts décoratifs anciens. Définie par ce procédé, sa facture l?est encore par sa volonté de faire régner dans ses tableaux une composition tri chromique, constituée par la juxtaposition en hauteur ou en largeur de trois bandes dans chacune desquelles domine une totalité donnée. Servi en plus par une écriture d?une merveilleuse agilité et d?une invention toute personnelle, l?art de Dufy achève de conquérir son originalité et une physionomie toute particulière qui ne changera pour ainsi dire plus avant 1940 environ.

1927
Il fait une exposition à la Galerie Le Portique, où il exposera également en 1928 et 1930.
Salon d?Automne, n° 667, 668.

1927-1933
Raoul Dufy décore la salle à manger de l?appartement du Dr Viard, à Paris.

1928
La revue anversoise «Sélection» publie un numéro spécial consacré à Raoul Dufy. Christian Zervos publie aux Editions Crès le premier livre consacré à Raoul Dufy. Il expose à la Galerie Le Centaure à Bruxelles en février-mars, chez Bernheim-Jeune, « Jardins de Salons » et en novembre à la Galerie Le Portique.
Décore le salon de la villa « L?Altana »d?Arthur Weisweiller à Antibes.

1929-1930
Il donne à la Manufacture de Beauvais les cartons pour un ameublement en tapisserie sur le thème de Paris.

1929
Pierre Courthion publie un livre sur Raoul Dufy aux Éditions des Chroniques du Jour.

1930
Marcelle Berr de Turique publie aux Editions Floury un livre sur Raoul Dufy et fait une exposition des dessins préparatoires dans sa galerie Le Portique.
Il illustre pour Ambroise Vollard «La Belle Enfant» d?Eugène Montfort (94 eaux-fortes) et fait une exposition à la Galerie Georges Petit. Il peint beaucoup à Deauville.
Reçoit le Prix Carnegie pour sa peinture « L?avenue du Bois »

1931
Fernand Fleuret publie un «Éloge de Raoul Dufy». René-Jean publie dans la collection des Artistes Nouveaux chez Crès, un petit volume sur Raoul Dufy. Il commence l?illustration de «Tartarin de Tarascon» d?Alphonse Daudet (Édition Scripta et Picta), en collaboration avec le docteur Roudinesco qui ordonne l?architecture de l?ouvrage. Séjour à Tarascon pour préparer ce livre qui sera publié en 1937.

1932
Entrée au Musée du Luxembourg d?un tableau de Raoul Dufy: «Le Paddock à Deauville», donné par l?Association des Amis des Artistes vivants.
Nouveau séjour en Angleterre où il assiste aux course d?Ascot et de Goodwood, aux régates de Henley et à Londres où il peindra de nombreux ponts sur la Tamise et où il assistera au combat de boxe de Primo Carnera-Georges Cook à l?Albert Hall et dont il fera de nombreuses aquarelles et dessins.
Il fait une deuxième version du grand tableau « La famille Kessler à cheval », la première datant de 1931.

1933
Dufy achève la décoration du salon du Dr Viard, au 100, boulevard Péreire à Paris : «Itinéraire de Paris à Sainte-Adresse et à la mer», commencée en 1927.
Cet ensemble sera démonté en 1949-1950. Il se trouve désormais au Japon.
Il travaille à Nice, Hyères, Cannes.
Décors et costumes pour le Ballet « Palm Beach ».
Il peint ses premières fleurs, thème qu?il travaillera presque exclusivement à l?aquarelle.

1934
Raoul Dufy fait une exposition au Palais des Beaux-arts de Bruxelles, de dessins, aquarelles et panneaux décoratifs.
Salon des Indépendants avec 2 peintures.
Voyages en Algérie (Alger, Constantine) et à Cowes.

1935
La Compagnie Générale Transatlantique lui demande de décorer la piscine du paquebot « Normandie », puis se ravisant, elle met cette décoration en concours. Raoul Dufy qui avait déjà fait les esquisses refuse de participer à la compétition.
Il ne nous reste que de merveilleux dessins et aquarelles de ce magnifique projet.
Il entre en relations avec le chimiste Jacques Maroger, inventeur d?un médium dont il se servira désormais pour peindre la plupart de ses toiles. Ce nouveau procédé à l?huile laisse passer la lumière à travers les pigments et donne une grande fluidité à sa peinture.

1936
Il fait une exposition à la Galerie Kaganovitch à Paris, et une exposition à la Galerie Reid & Lefevre à Londres.
Les établissements Nicolas le chargent d?illustrer leur album publicitaire «Mon Docteur le Vin» :19 aquarelles, et un dessin en couverture, qui seront exposés à la galerie Bernheim-Jeune.

1936-1937
M. Maligarie, directeur de la C.P.D.E., lui demande sur les conseils de M. Dessus, ingénieur en chef, et de l?architecte Robert Mallet-Stevens, de peindre pour le pavillon de l?Électricité à l?Exposition Internationale une immense décoration de 60 m. sur 10 m., la plus grande qui existe au monde, sur le thème de l?histoire de la découverte de l?Électricité. La lecture de «De Natura rerum» de Lucrèce le décide à accepter après trois semaines d?hésitation. Un assistant de la Sorbonne, M. Volkringer, et son frère Jean Dufy, lui fournissent les renseignements historiques et la documentation iconographique nécessaires. Il dessine d?abord, nus, tous les personnages de la composition, puis il les dessins d?après des modèles habillés et revêtus des vêtements d?époque. Ces dessins photographiés sur diapositifs sont projetés dans une centrale électrique de Saint-Ouen sur des panneaux où Dufy les dessine et les peint avec des collaborateurs tels que son fidèle ami André Robert et son frère Jean Dufy. Achevée, l?oeuvre comprend 250 panneaux de 2 m. de hauteur sur 1 m. 20 de large, assemblés par des cornières et des boulons. L?exécution proprement dite avait duré quatre mois et demi: commencée en janvier 1937, l?oeuvre était terminée le 24 mai. Le 26 mai, le Pavillon de l?Électricité ouvrait au public. Sollicité après l?Exposition par des journalistes américains d?exposer cet ensemble dans un grand magasin de New-York, Dufy refuse.

1937
À l?exposition des Maîtres de l?Art Indépendant au Petit Palais, il expose un important ensemble de 34 peintures. Il commence à ressentir les premières atteintes de la polyarthrite. Sollicité de faire partie du Jury du Prix Carnegie, il fait son premier voyage aux États Unis, à Pittsburgh.
Il expose chez Pierre Matisse à New York « Watercolors, Regattas and Race Tracks in England, Raoul Dufy », 6-27 mars.
Premières atteintes de la polyarthrite.

1938
Série d?aquarelles d?après les Châteaux de la Loire, dont il ne tirera aucun tableau.
Séjour à Venise d?où il rapportera une magnifique série sur le Canal, San Giorgio Maggiore, les gondoles, la place Saint Marc?
Raoul Dufy fait une exposition en mars-avril à New-York à la galerie Bignou (17 n° au catalogue).

1937-1940
Commande de deux autres décorations :
L?une pour l?hémicycle du Bar-fumoir du Palais de Chaillot. Elle avait pour thème « La Seine de Paris à la mer » et était composée de trois panneaux d?une surface de 40 m2. Elle devait faire pendant à la composition commandée à Friesz « La Seine de sa source à Paris ».
L?autre pour la Singerie du Jardin des Plantes, au Museum d?histoire naturelle, composée de deux panneaux « Les explorateurs » et « Les savants ».

1939
La guerre l?amène à Saint-Denis-sur-Sarthon dans l?Orne où il termine les décorations de la Singerie et du Palais de Chaillot ; il en sera chassé par l?invasion allemande.

1940
Il se réfugie à Nice, puis à Céret, et à Perpignan dont le climat convient mieux à sa santé. Il est accompagné d?André Robert et de Berthe Reysz, son infirmière et sa compagne. Il y demeurera jusqu?en 1950, d?abord rue Jeanne d?Arc (1940-1946), chez son médecin, le docteur Nicolau, puis au coin de la place Arago (1946-1950). Il coupe cette résidence de quelques voyages: en Haute-Garonne, à Montsaunès chez Roland Dorgelès, dans les montagnes pyrénéennes où il assiste à ce travail des batteuses qui lui inspireront ses « Dépicages ». Roland Dorgelès racontera ce séjour de Dufy chez lui dans un livre illustré d?aquarelles de Dufy « Vacances Forcées » qui paraîtra en 1954.

1941
Dufy rencontre Louis Carré, et va désormais exposer dans sa galerie à Paris.
Il exécute, sur les conseils de Lurçat, deux cartons de tapisserie, « Collioure » et « Le Bel Été »

1943
Le Palais des Beaux-arts de Bruxelles organise en pleine occupation allemande une exposition Dufy uniquement avec les ressources locales (92 numéros au catalogue).
Salon d?Automne, n° 392.

1944
Raoul Dufy exécute pour la Comédie Française les décors et les costumes des «Fiancés du Havre» de son compatriote Armand Salacrou. Louis Carré publie un volume « Dessins et croquis extraits des cartons et carnets de Raoul Dufy». Sous l?influence peut-être de la musique que lui inspire sa série des Orchestres, il évolue vers une peinture différente: la « peinture tonale». Conservant de sa manière antérieure l?indépendance du contour et de la couleur, ainsi que son extraordinaire agilité d?écriture et sa liberté d?invention, il abandonne ses ordonnances tri chromiques et tend à peindre tout le tableau dans une harmonie unique qui est dans certains tableaux le noir, dont il redécouvre après trente ans les possibilités colorées (série des Cargos noirs).

1944
Séjour à Vence.

1945
Séjour à Vence.
Commence la série des « Cargos noirs ».

1946
Deux fauteuils, deux chaises, un canapé de Raoul Dufy exécutés dans les ateliers de Mme Marie Cuttoli, et deux tapisseries tissées chez Tabard, sont présentés à l?Exposition de la Tapisserie française du Moyen Age à nos jours au Musée National d?Art Moderne, n° 245, 258 et 259 du catalogue. Dufy expose pour la première fois au Salon des Tuileries, n° 1158 et 1159. Il y exposera également en 1948, n° 148, 1949 (n°  55 bis), 1950 (n° 50, 51), 1951 (n° 56). Jean Cassou publie dans la collection des Trésors de la Peinture française, chez Skira à Genève, un album sur Raoul Dufy.

1947
Pierre Camo publie un livre sur Raoul Dufy aux Editions Marguerat de Lausanne. Raoul Dufy fait une exposition à la Galerie Carré de Paris (28 aquarelles et 13 dessins). Le catalogue est préfacé par Claude Roger-Marx.
Séjour en Ariège chez la comtesse de Terssac.
Il s?intéresse à nouveau à la tapisserie et remet à l?honneur les techniques savantes de haute lisse. Il réalise 8 cartons de tapisserie, qui seront exposées à la galerie Louis Carré en 1948.

1948
Jean Cocteau publie un livre sur Dufy dans la collection des «Maîtres du dessin», chez Flammarion et commence avec Pierre Courthion un série d?entretiens.
Voyage en Espagne.

1949
Il fait une exposition à la Galerie Carré de New-York. Il fait un voyage en Espagne à Caldas de Monbuy et Tolède. Maximilien Gauthier publie un opuscule sur Raoul Dufy aux Editions Les Gémeaux.
Promu au grade de commandeur de la Légion d?Honneur.
Commence à illustrer « Les nourritures terrestres » d?André Gide.

1950
Raymond Cogniat publie dans la Collection des Maîtres, chez Braun, un volume sur Raoul Dufy. Claude Roger-Marx publie chez Hazan un volume sur les aquarelles de Raoul Dufy. Illustre « L?herbier » de Colette.
Dufy part pour les États-Unis afin de subir au Jewish Memorial Hospital de Boston un traitement à la cortisone mis au point par le docteur Homburger.

1950-1952
Séjour aux États Unis au cours duquel il exécute à la demande du producteur Gilbert Miller, les décors pour la pièce de Jean Anouilh «L?Invitation au Château» (Ring Around the Moon), et fait deux expositions à la Galerie Louis Carré de New-York. Séjour à Tucson en Arizona

1951
Pierre Courthion publie aux Editions Pierre Cailler de Genève le livre le plus important et le plus documenté qui ait paru jusqu?alors sur Dufy.

1952
Le Musée d?Art et d?Histoire de Genève organise la plus grande exposition de son oeuvre qui ait été faite jusqu?alors (261 numéros au catalogue, sans compter les céramiques, tapisseries et livres). La France envoie à la XXVI° Biennale de Venise un important ensemble de 41peintures de Raoul Dufy, qui y remporte le prix dont il abandonne le montant en faveur d?un artiste italien, Emilio Vedova et d?un artiste français, Charles Lapicque, pour que l?un puisse faire un séjour en France, et l?autre à Venise. Il s?installe à Forcalquier dans l?espoir que le climat sera propice à sa santé.

1953
La Ny-Carlsberg Glypootek de Copenhague organise une importante exposition de Raoul Dufy.

23 mars 1953
Mort de Raoul Dufy à Forcalquier, le 23 mars vers 5 heures 30 du matin. Il avait demandé auparavant à son secrétaire André Robert d?ouvrir les volets de sa chambre qui donnait sur la montagne.

26 mars 1953
Inhumation provisoire à Nice, dans le caveau de la famille Gaffié.

1956
La ville de Nice offre à Dufy au cimetière de Cimiez « le lieu de son dernier repos».