Albert Marquet
biographie :
Albert Marquet ne s'est jamais laissé enfermer dans aucun mouvement.
Il fut un maître du paysage au regard sensible. Ami de Matisse et de Derain, il a conservé, de sa période fauve, le sens de la couleur et de la lumière. Il a peint Paris et ses environs, les ponts de la Seine, les rues illuminées la nuit, Paris sous la neige ou sous un soleil de plomb.
De la même manière que Monet, il aime créer des séries afin d'étudier les variations de la lumière en fonction des saisons, de l'heure de la journée, et du temps. Ainsi, entre 1905 et 1906, il a créé une série sur le quai des Grands-Augustins, qu'il voit depuis la fenêtre de son atelier au numéro 25. Appartement acheté par ses parents en 1905.
Il fait partie de la génération du post-impressionnisme. C'est ainsi qu'il participe en 1905 à l'exposition des « Fauves » qui fait scandale par une vision brutale des formes et des couleurs. Il abandonne plus tard cette manière pour la recherche d'une harmonie tonale : il aime en effet les couleurs plus harmonieuses, plus pâles afin de croquer toutes les nuances de la lumière. L'eau est l'un de ses motifs favoris, avec notamment la représentation de la Seine et des quais, tout comme les ports d'Afrique du Nord (Alger, Bougie, Oran, Tunis, La Goulette).
Les dessins d'Albert Marquet, à l'encre de chine, comme par exemple ses personnages de la rue parisienne, tels que présentés au musée Malraux du Havre, méritent également l'attention.
Il est surtout célèbre comme paysagiste, et à partir de 1919 il voyage beaucoup, notamment en Tunisie et Algérie, en compagnie de Jean Launois et Etienne Bouchaud. Dans les intervalles de ses voyages, il fréquente les berges de la Seine pour lesquelles il conçoit une sorte de prédilection. Il a aussi beaucoup voyagé dans le Nord de la France, la côte belge et la Hollande, faisant des ports ses ateliers.
De 1919 à 1939 il séjournera, entre autres, à Poissy, Triel et Méricourt et y peindra des paysages de la Seine.
Au début de 1939 il s'établit à La Frette-sur-Seine. C'est là qu'il peindra sa femme en train de coudre (Intérieur à la Frette) et son ami Desnoyer en train de peindre (l'Atelier de la Frette).
Un extrait des souvenirs de son épouse Marcelle Marquet qui évoque les moments de bonheur paisible passés par le peintre dans leur maison de La Frette : C'est peut être dans cette modeste maison de la Frette qu'Albert se sentait le plus chez lui. Son atelier bien isolé dans le grenier dominait une boucle de la Seine, son fleuve. (...) Albert s'y sentait à l'aise et comme à l'abri. Desnoyer travaillait dans son coin d'atelier, il ne se gênaient ni l'un ni l'autre.).
Désireux de fuir l'invasion allemande, il se réfugie en Algérie, où il va vivre jusqu'à la fin de la guerre. En 1945, il regagne Paris, et La Frette-sur-Seine, où son corps repose, dans le cimetière communal.


